ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 407de plus grandes, ni de donner plus de force, LE POUSSIN.ou de foiblesse à ses corps ; il sçait l'art deles faire fuir ou avancer par des moyens na-turels & agréables. Il entend parfaitementl'amitié que les couleurs ont les unes avec lesautres ; & quoy-qu'il se serve également dansle prés & dans le loin de couleurs claires &vives, il les rompt, les affoiblit, & les dis-pose de-sorte qu'elles ne se nuisent point lesunes aux autres, & font toûjours un bel ef-fet. Je vous ay parlé tant de fois de son in-telligence à bien faire toutes $ortes de paï$a-ges, & à les rendre $i plai$ans & $i naturels,qu'on peut dire que hors le Titien, on nevoit pas de Peintre qui en ait fait de com-parables aux siens. Il touchoit parfaitementtoutes sortes d'arbres, & en exprimoit lesdifferences & l'agitation ; disposoit les ter-ra$$es d'une maniere naturelle, mais bien choi-sie ; donnoit de la fraischeur aux eaux, qu'ilembellissoit des reflets des objets voisins ; or-noit les campagnes & les colines de villes oude fabriques bien entenduës, diminuant leschoses les plus éloignées avec une ententemerveilleuse ; & pour donner ce précieuxque l'on voit dans ses ouvrages, faisoit nais-tre des accidens de jours & d'ombres par
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