LE POUSSIN.
364 ENTRETIENS SUR LES VIESqu'il n'e$toit point de ceux qui recherchentavec empre$$ement les grands atteliers plû-toſt pour s'enrichir que pour aquerir de l'hon-neur ; & qu'il demeuroit dans un païs oùd'ordinaire ceux de la nation sont toûjourspréferez aux étrangers quand il y a quelqueentreprise glorieuse ou utile à faire. C'est ceque j'ay veû à Rome. Lors qu'on voulut fai-re un Tableau à Saint Charles des Catinares,on demanda des de$$eins à nos meilleursPeintres François : mais quand se vint àl'exécution, les Italiens s'interesserent tous àne pas souffrir qu'on leur preferast un étran-ger. Ainsi le Poussin de mesme que nos plushabiles Peintres François qui ont demeuré àRome, n'ont gueres esté appellez pour fai-re de grands ouvrages. Le Poussin s'en sou-cioit moins qu'un autre, parce qu'il se con-tentoit de son travail ordinaire, & trouvoitdans des Tableaux d'une mediocre grandeurun champ aſſez vaſte pour faire paroiſtre ſonsçavoir : aussi n'en a-t-il point fait où l'onne pui$$e remarquer une infinité de differen-tes beautéz. Mais ne pouvant pas entrerdans le détail de tous ses ouvrages pour vousen faire connoistre les divers caracteres, &ce que les sçavans y admirent, je veux seu-
.Comm.Natur51..renescurr.
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