ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 353qui ver$e de l'eau à $a compagne, & qui en LE POUSSINmesme temps observe avec attention ce quise passe entre Rébecca, & le serviteur d'A-braham. Celle qui reçoit l'eau semble l'a-vertir que sa cruche est trop pleine, & luydemander à quoy elle pense de ne pas re-garder à ce qu'elle fait.Cette action eſt ſi naturelle & ſi heureusement trouvée, qu'il ne se pouvoit rienimaginer de plus convenable en une pareil-le occasion, ni qui soit exprimée avec plusd'élegance. Car si dans les autres filles dontje viens de parler on voit de l'envie, il neparoist quasi dans celles-cy que de l'indifference.Dans les quatre qui sont plus éloignées,on remarque plus de curiosité. Celle quitient sa cruche semble écouter ce que l'E-tranger dit à Rébecca. Il n'y a rien demieux desseigné que cette jeune fille ves-tuë de rouge, qui ſe tourne vers ſa compa-gne. Celle qui s'appuye sur son épaule nesemble-t-elle pas parler à une autre quiporte un vase sur sa teste, & qui se cour-be pour en prendre encore un qui est à ter-re? Toutes leurs actions sont si vrayes, &si noblement diversifiées, qu'il y paroist duY y
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