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LE POUSSIN.

318 ENTRETIENS SUR LES VIEScours, & par la beauté de ses pensées, s'é-leyer audessus de leur fortune.Il me ſemble que je le vois encore, dit Py-mandre : son corps estoit bien proportionné,& sa taille haute & droite : l'air de son visagequi avoit quelque choſe de noble & de grand,répondoit a la beauté de son esprit, & à la bon-té de ses mœurs. Il avoit, s'il m'en souvient,la couleur du visage tirant sur l'olivastre, &ses cheveux noirs commençoient à blanchirlors que nous estions à Rome. Ses yeux es-toient vifs & bien fendus, le nez grand &bien fait, le front spacieux, & la mine ré-soluë.Vous ne pouvez pas, interrompis-je, lemieux representer qu'il s'est representé luy-mesme dans ses deux portraits dont je vousay parlé ; & s'il est vray ce que l'on dit sou-vent, que les Peintres $e peignent dans leurspropres ouvrages, on peut encore mieux lereconnoistre dans ceux qu'il a faits.Je vous ay dit que l'on avoit toûjours crûqu'il avoit compoſé un Traite des Lumieres& des Ombres. M. de Chantelou en ayantécrit au sieur Jean Dughet son beaufrerequelque temps avant la mort du Poussin, afind'en estre mieux informé, voicy la réponse