ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 223nature, lesquels pourtant n'ont pas encore l'Alsane.cette beauté qu'on trouve dans les petits :Qu'il s'en faloit aussi beaucoup, qu'il eustpour représenter les hommes, les mesmes ta-lens pour bien peindre les femmes ; ayantun don tout particulier pour les faire agrea-bles, & pour bien imiter une chair délicate,pleine & gracieuſe. Il peignoit au contrairele corps de l'homme foible, sec & décharné;& c'eſt pour cela que le meſme Auteur de laVie de l'Albane dit, que le Comte de Ca-rouge, qui estant en Italie, acheta trois desquatre tableaux dont je viens de parler,ne se soucia pas d'avoir celuy qui représen-te les Divinitez de l'Enfer. Il est vrayque l'Albane ne s'appliquoit pas beau-coup à étudier la belle nature ny l'anti-que, pour ce qui regarde le corps de l'hom-me ; & c'est pourquoy il n'a pas réüssi danstoutes $ortes de $ujets. Mais l'inclination na-turelle qu'il avoit à peindre des femmes, aduré en luy jusques à la fin de sa vie, commeil l'avouë luy-mesme dans une lettre qu'ilécrivit à un de ses amis un an avant sa mort.Il luy dit, que s'il estoit moins âgé, il vou-droit faire encore toute autre choſe que cequ'il a fait par le passé, se sentant non seu-
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4 (1685)
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