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LE DOMI-NIQUIN.

160 ENTRETIENS SUR LES VIESſoin de ſon éducation ; eſperant qu'aprés avoirbien étudié, il pourroit plus facilement luyprocurer quelque employ avantageux, ayantdéja un autre fils qui s'appliquoit à la Pein-ture. Mais comme il e$t mal-ai$é de connoî-tre d'abord les inclinations des jeunes gens,& de découvrir à quoy la Nature les doitporter, le pere du Dominiquin ne prévoyoitpas que celuy de ses enfans qu'il destinoitaux Lettres, embrasseroit la profession de sonfrere, & que ce frere quitteroit la Peinture pours'attacher à l'étude des Sciences, ainsi qu'ilarriva. Car le Dominiquin qui estoit le plusjeune, la$$é des premiers Rudimens de laGrammaire, abandonna les Ecoles, pour s'ap-pliquer au De$$ein ; & $on frere qui ne profi-toit pas beaucoup chez les maistres ou sonpère l'avoit mis, se rangea avec plaisir duparti des Lettres. Ainsi le pere jugeant bienqu'il s'estoit trompe dans le choix des occu-pations à quoy il avoit destiné ses deux fils, nefut point fâché de voir, que d'eux-mesmes ilseussent ainsi fait un échange qui n'étoit pas en-tiérement oppoſé à ſes intentions. Il mit doncle Dominiquin dans la place de son frere, chezun Peintre Flamand, nommé Denys Calvart,qui e$tant $orti fort jeune d'Anvers, lieu de $anaissance,