ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 399pas, si d'autres plus élevez ne les découvroient :Car il y a quelquesfois des choses qui $ont ri-dicules pour e$tre trop vraies, & qui pourroientrendre vn ouvrage défectueux, si elles n'yparoi$$oient d'vne maniére extraordinaire. Ilfaut que les Peintres, aussi-bien que les Poëtes, embellissent celles qui sont trop simplesd'elles-mesmes, & qu'il y ait dans leurs Ta-bleaux quelque nouvelle invention, qui n'aitpoint encore esté veûë. Or toute la force deces belles inventions consiste dans la facultéimaginative, quoy que pourtant nous soyonsredevables de la premiere connoissance quenous avons des choses, au sens de la veûë,qui porte dans l'esprit les figures & les cou-leurs de tous les objets qui se presentent ànous. Et bien que l'Art donne souvent à cequ'il fait quelque chose qui n'est pas toûjoursdans la nature, il n'y doit rien ajoûter néan-moins qui offence la verité, ou qui blesse lesyeux. Quand Horace parle du pouvoir qu'ont Fingendipotestas de-les Poëtes & les Peintres de feindre quelque bet esse ar-tificiosa.chose, il n'entend pas que cette fiction soit non etiamimmodera-trop licentieuse, mais conduite avec artifice.ta.Il y a bien des Peintres, dit Pymandre, quine sçavent pas quelles licences leur sont per-mi$es, ni ju$ques où ils peuvent porter la fi-
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2 (1672)
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