ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 395parce qu'on ne peut se mouvoir si peu, queles $uperficies d'vne figure ne changent au$$i.C'eſt donc pourquoy, dit Pymandre, j'ay veûdes Peintres $e $ervir d'vn compas, pour me$urertoutes les parties du vi$age, lors qu'ils font desPortraits ; & en effet, quand l'on en prend ain$iles grandeurs, je croy qu'on ne $e peut tromper.Encore qu'il importe fort peu, repris-je, dequelle façon l'on ait agy, lors qu'on a mis sonouvrage dans vn estat tout-à-fait accomply ; ilne faut pas néanmoins s'accoustumer dans lescommencemens à ces $ortes de réductions,parce qu'il eſt beaucoup plus avantageux decomprendre les choſes par la force de l'eſprit,& la justesse de l'œil, que d'employer cesinstrumens, dont le secours mesme emba-rasse, & ne fait que rendre les ouvriers plusnegligens. Aussi Michel-Ange avoit accoû-tume de dire que la proportion doit e$tre dansles yeux des Peintres, afin qu'ils sçachent pareux-me$mes juger de ce qu'ils voient.Mais, continuay-je, en regardant Pyman-dre, je croyois ne m'entretenir avec vous quedes Peintres qui ont esté en réputation, & vousdire mon ſentiment ſur leurs ouvrages : Cepen-dant vous m'engagez insensiblement à vousparler des regles de l'Art.DDd ij
Druckschrift
2 (1672)
Seite
395
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten