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358 ENTRETIENS SUR LES VIESplus haut que le genoüil, & vn pied ne s'é-loigne gueres plus de l'autre que d'vn pied dedistance. Lors qu'on éleve vn des bras, aussito$t toutes les parties de ce co$té-là $uivent lemesme mouvement, en sorte que le talonqui est du mesme costé, s'élevera de terre parl'action que fera le bras.Si tous ceux qui $e me$lent de peindre, in-terrompit Pymandre, avoient bien fait cesremarques, je m'asseûre qu'ils se corrigeroientde beaucoup de défauts ; car il y en a qui fontdes figures si forcées & si contraintes, qu'onen voit l'estomac & le dos en mesme temps :ce qui estant impossible dans la Nature, estencore plus desagréable dans les Tableaux.Pour ne se pas tromper dans ces sortes demouvemens, repris-je, & pour bien connoistreceux dont le corps est capable, il le faut con-siderer d'abord comme immobile. Parmy lesPeintres, bien qu'vne figure n'agisse point& qu'elle paroi$$e en repos, on ne lai$$e pas dedire qu'elle est dans vne belle attitude : Carcomme ils appellent l'ordonnance d'vn Ta-bleau, cét assemblage de toutes les figuresqui le composent, ils nomment aussi l'attitu-de de la figure, la situation & la dispositionde tous ſes membres.

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