Druckschrift 
2 (1672)
Seite
299
Einzelbild herunterladen
 

ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 290tre puisse avoir, il luy est aisé de s'en servirquand il sçait bien desseigner : Mais le desseindépend de la pratique ; il faut que la mainagisse avec l'esprit ; & c'est vne chose telle-ment difficile, qu'il $e trouve des per$onnes $imalheureuses, qu'encore qu'elles ayent vnepassion tres-grande de bien faire, & qu'ellespassent les jours & les nuits à étudier, ellesont néanmoins vne main si lourde, & quirépond si peu à la volonté, qu'elles ne peu-vent repre$enter ce qui e$t devant leurs yeux,ou dans leur esprit, de la maniére qu'elles levoient, ou qu'il doit estre.Ce n'est pas, interrompit Pymandre, vnechose extraordinaire, de ne pas toûjours bienexprimer nos pensées. L'esprit conçoit & en-fante avec vne promptitude si grande, quesouvent l'image des choses qu'il produit estplûtost effacée de nostre memoire, que nousn'avons le loisir de la faire connoistre : Maisje ne croy pas que la difficulté qu'on ren-contre dans le travail vienne de la main,qui est l'instrument dont l'on se sert, ny dusujet qu'on veut imiter ; c'est plûtost desmoyens que l'on garde, & de la mauvaiseconduite qu'on obſerve. Car j'ay peine à croi-re qu'vne personne, qui recherche quelquePp ij