MICHEL.ANGI.
274 ENTRETIENS SUR LES VIESEstant arrivé à Pongibonci, il s'y arrestapour $e repo$er, $e croiant en $ûreté : Mais iln'y fut pas long-temps, que plusieurs Cour-riers luy apporterent des Lettres du Pape, pourl'obliger de retourner : ce qu'il ne voulut ja-mais faire, quelques priéres qu'on luy fit ; &tous ces Messagers s'en allérent sans autreréponse de luy, sinon qu'il prioit Sa Saintetéde luy pardonner, s'il s'en estoit allé de lasorte ; que l'ayant fait chasser comme vn co-quin, pour récompense de ses fideles services,elle pouvoit en chercher d'autres qui priſſentsa place. Il fut pourtant contraint à quelquetemps de là de retourner à Rome, parce queJule envoya trois Brefs à la Seigneurie deFlorence, pour l'obliger de le renvoyer;Mais ce fut avec tant de répugnance, quecraignant qu'on ne luy joüast quelque mau-vais tour, s'il s'opiniâtroit à demeurer à Flo-rence, il eût plusieurs fois dessein d'aller enTurquie, où Soliman luy proposoit de bastirvn Pont pour passer de Constantinople à Pera.Cependant s'abandonnant au conseil de sesamis, il résolut d'aller trouver le Pape, quiestoit alors à Boulogne.Pierre Soderin Gonfalonier de la Seigneuriede Florence, afin de luy donner plus de sû-