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226 ENTRETIENS SUR LES VIESnous avions commencé. Estant donc reve-nus sur le soir, & traversant vne allée pournous rendre au mesme endroit que nousavions choisi le matin, nous apperceûmes vnhomme assis, qui du bout de sa canne mar-quoit contre terre certaines figures, qu'il sem-bloit faire en rêvant. Cela me donna sujet dedire à Pymandre, qui me le fit remarquer :Ne semble-t-il pas que tous les hommesont vne inclination naturelle pour la Pein-ture ; car je n'en voi gueres, qui, mesmesans y penser, & en songeant à d'autres cho-ses, ne tracent quelques figures, & ne tâ-chent de repreſenter ce qu'ils voient ? Auſſije ne m'étonne pas si parmi le grand nom-bre de Peintres dont nous avons parlé, plusieurs ont esté tirez de la campagne, l'onles rencontroit desseignant les troupeauxDOMENI-qu'ils gardoient. DOMENIQUE BECCA-QUE BEC-CAFUMI. FUMI fut encore vn de ceux- ; carestant fort jeune, & conduisant les moutons de son pere Laurenzo Beccafumi, quiestoit vn habitant de Sienne, l'ayant trouvéau bord d'vne riviére qui desseignoit sur lesable, le jugea aussitost capable d'vn autreemploy que celuy de Berger. Il le demandaà son pere ; & lors qu'il fut à son service, il

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