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POLIDO-RE & MATHURIN.

82 ENTRETIENS SURLES VIESPeintres ont repreſentez, parce qu'en effet il ya des beautéz de l'art qui $ont incomparables& de certaines choses qui ne se voient pointailleurs : Mais, outre cela, je ſens que ces ima-ges me donnent vne haute idée de la grandeurde l'Empire Romain, parce qu'elles formentdans l'imagination d'autres figures encore plusveritables, & qui me representent ce quej'aurois veû, si j'avois vescu du temps de PaulEmile, ou de Camille. Je me figure ces deuxgrands Capitaines, avec le mesme air de visage qu'ils avoient au milieu de cette grandefoule de gens qui les accompagnoit ; &vois ces anciens & genéreux Romains, dontle courage ſubjuguoit tous les autres Peuples.Si vous avez quelque souvenir de ces Pein-tures dont je parle, il me semble que vouspouvez vous en divertir encore pre$entement.Je ne l'ay pas si bien conservé que vousme repliqua Pymandre, mais neantmoinspour peu que vous m'aidiez, je pourrayme les remettre comme devant les yeux ; &j'ay vne si grande estime pour tout ce qui sefaisoit autrefois dans Rome, que je n'ay pasmoins de joye que vous lors que j y pense.Allons y donc en esprit, luy repartisje, pour y revoir ces belles Frises de Poli-