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sur la Poësie & sur la Peinture. 285vé déja, les conversations de toute es-péce sont plus remplies de démonstra-tions, elles sont bien plus parlantes auxyeux, s'il est permis d'user de cette ex-pression, en Italie que dans nos con-trées. Un Romain qui veut bien quit-ter la gravité de son maintien étudié,& qui laisse agir sa vivacité naturelle.est fertile en gestes, il est fécond en dé-monstrations, qui signifient presque au-tant que des phrases entiéres. Son actionrend intelligible bien des choses quenotre action ne feroit pas deviner ; &ses gestes sont encore si marquez, qu'ilssont faciles à reconnoître, lorsqu'on lesrevoit. Un Romain qui veut parler ensecret à son ami d'une affaire impor-tante, ne se contente pas de ne se pointmettre à portée d'être entendu, il a en-core la précaution de ne se point mettreà portée d'être vu, craignant avec rai-son que ses gestes & que les mouvemensde son visage ne fissent deviner ce qu'ilva dire.On remarquera que la même viva-cité d'esprit, que le même feu d'imagi-nation, qui fait faire par un mouvementnaturel des gestes animez, variez, ex-pressifs & caractérisez, en fait encorecomprendre facilement la signification,