.Réflexions critiqueslicatesse des Grecs en matiere d'élo-quence, & surtout à quel point ils étoientchoquez par une mauvaise prononcia-tion, on n'a point de peine à concevoirque quelques-unes de leurs villes n'ayenteté assez jalouses de la réputation de n'a-voir en toutes choses que des manieresélégantes & polies, pour ne vouloir paslaisser au Crieur public chargé de pro-mulguer les loix, la liberté de les réci-ter à sa mode, au hazard que souvent ildonnât aux phrases, aux mots mêmesqu'il prononceroit, un ton capable de fai-re rire des hommes nez mocqueurs. CesRépubliques, dans la crainte que lesvices de prononciation dans lesquelstomberoit leur Officier, ne fissent re-jaillir une sorte de ridicule sur les loixmêmes, prenoient donc la précaution defaire composer la déclamation de cesloix, & même elles vouloient que celuiqui les récitoit, sût encore soutenu par unaccompagnement capable de le redressers'il manquoit. On vouloit qu'il publiâtles loix avec la même aide, avec le mê-me secours qu'avoient, comme nous leverrons, les Acteurs qui parloient sur lethéâtre. Martinus Capella dit, en fai-sant l'éloge de la musique, que dans plu-sieurs villes de la Grece, l'Officier qui
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