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Premiere Partie (1746)
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478
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Reflexions critiques478fend la supériorité du Poussin, ne con-çoit pas donc qu on puiſſe mettre au-deſ-sus d'un Poëte, dont les inventions luidonnent un plaisir sensible, un Artisanqui n'a sçu que disposer des couleurs,dont l'harmonie & la richesse lui font unplaisir médiocre. Le partisan du Titiende son côté, plaint le partisan du Pous-sin, de préférer au Titien un Peintre quin'a pas ſçu charmer les yeux, & cela pourquelques inventions dont il juge que tousles hommes ne doivent pas être beaucouptouchez, parce que lui-même il ne l'estque médiocrement. Chacun opine doncen supposant, comme une chose décidée,que la partie de la peinture qui lui plaîtdavantage, est la partie de l'art qui doitavoir le pas $ur les autres, & c'e$t en $ui-vant le même principe, que les hommesse trouvent d'un avis opposé. Trahit suaquemque voluptas. Ils auroient raison, sichacun se contentoit de juger pour soi.Leur tort est de vouloir juger pour toutle monde. Mais les hommes croyent na-turellement que leur goût est le bon goût,& par conséquent ils pensent que les per-sonnes qui ne jugent pas comme eux,ont les organes imparfaits, ou qu'ellesse laissent conduire a des préjugez quiles gouvernent, sans qu'elles-mêmes