Reflexions critiques460re, dont la discussion seroit trop longue.Je voudrois donc examiner d'abord lesentiment d'un Anglois, homme de beau-coup d'esprit, qui soutient, en repro-chant à ses compatriotes le goût que beau-coup d'eux croyent avoir pour les Operad'Italie, qu'il est une musique convena-ble particuliérement à chaque langue, &spécialement propre à chaque nation. (a)Suivant lui, le genre de la musique Fran-çoiſe eſt auſſi bon, que le genre de la mu-sique Italienne. La musique Françoise,continuë-t'il, est très bien adaptée au sondes mots, & convient fort avec la prononciation de la langue. Elle rend très-bien lesaccens, dont les François accompagnent leurprononciation. Les différens airs de leursOpera expriment à merveille les mouve-mens de gens naturellemem gais & éveil-lez, comme le ſont les François. C'eſt dom-mage qu'on les écoute mal, & que le Par-terre y fasse ſi ſouvent Chorus avec le théâ-tre. Souvent la voix de l'Acteur est cou-verte par celle des Auditeurs, qui ne luilaiſſent chanter ſeul que les premieres paro-les de son air. Je me figurois, quand je m'yſuis trouvé, voir un Clerc de nos Paroiſſes,qui n'a pas si tôt entonné le premier versetdu Pſeaume, que tout l'auditoire ſe met à(a) Spectateur du 3. Avril 1711.
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