426 Réflexions critiquesfaire, est même plus grand, lorsque nousles voyons pour la seconde fois, & quandil n'y a plus lieu à l'illusion. La premierefois qu'on les voit, on est ébloüi de leursbeautez. Notre esprit trop inquiet &trop en mouvement pour ſe fixer ſur riende particulier, ne jouit véritablement derien. Pour vouloir parcourir tout & voirtout, nous ne voyons rien distinctement.Il n'est personne qui n'ait expérimenté ceque j'avance, si jamais il lui est tombédans les mains quelque livre qu'il souhai-tât avec beaucoup d'impatience de lire.Avant que d'en pouvoir lire les premie-res pages avec une attention entiere, illui a fallu parcourir son livre d'un bout àl'autre. Ainsi quand nous voyons unebelle Tragédie, ou bien un beau tableaupour la seconde fois, notre esprit est pluscapable de s'arrêter sur les parties d'unobjet qu'il a découvert & parcouru enentier. L'idée générale de l'ouvrage apris son assiete, pour ainsi dire, dansl'imagination ; car il faut qu'une telleidée y demeure quelque tems, avant qued'y bien prendre ſa place. Alors l'eſpritse livre sans distraction à ce qui le touche.Un curieux d'Architecture n'examineune colonne, & il ne s'arrête sur aucunepartie d'un Palais, qu'après avoir donné
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