$ur la Poë$ie & $ur la Peinture. 395On peut faire contre mon sentiment,une objection dont on conclueroit queles vers touchent plus que les tableaux.C'est qu'il est très-rare qu'un tableau fassepleurer, & que les Tragédies font sou-vent cet effet, même ſans être des chefs-d'œuvres.Je puis répondre deux choſes à cetteobjection. La premiere, qu'elle ne con-clut pas abſolument en faveur de la Poë-sie. Une Tragédie qu'on entend récitersur le théâtre, fait son effet à l'aide desyeux. Elle est aidée par des secoursétrangers dont nous exposerons tantôt lepouvoir. Les Tragédies qu'on lit en par-ticulier, ne font guéres pleurer, princi-palement ceux qui les lisent, sans lesavoir entendu réciter auparavant. Car jeconçois bien qu'une lecture particulierequi n'est point capable par elle-même defaire une impression, qui aille ju$ques auxlarmes, e$t capable de renouveller cetteimpression, lorsqu'elle a été faite une fois.Voilà même, suivant mon opinion, pourquoi ceux qui n'ont fait que lire uneTragédie, & ceux qui ont entendu réci-ter la piéce sur le théâtre, sont quelque-fois d'un sentiment opposé dans le juge-ment qu'ils en portent.Je réponds en second lieu, qu'uneR vj
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