munt.ION II
sur la Pousie & sur la Peinture. 387ciels, ainsi que le fait la Poësie, mais biendes signes naturels. C'est avec des signesnaturels que la Peinture fait ses imita-tions.La Peinture se sert de l'œil pour nousémouvoir. Or comme le dit Horace,Signius irritant animos demissa per aurem,Quàm quae sunt oculis subjecta fidelibus.La vûë a plus d'empire sur l'ame que lesautres sens. La vûë est celui des sens enqui l'ame, par un instinct que l'expériencefortifiie, a le plus de confiance. C'est ausens de la vûe que l'ame appelle du rapport des autres sens, lorsqu elle soupçon-ne ce rapport d'être infidéle. Ainsi lesbruits & même les sons naturels ne nousaffectent pas à proportion des objets visi-bles. Par exemple, les cris d'un hommeblessé que nous ne voyons point, ne nousaffectent pas, bien que nous ayons con-noissance du sujet qui lui fait jetter lescris que nous entendons, comme nousaffecteroit la vûe de son sang & de sa bles-sure. On peut dire, métaphoriquementparlant, que l'œil est plus près de l'ameque l'oreille.En ſecond lieu, les ſignes que la Pein-ture employe pour nous parler, ne sontpas des signes arbitraires & instituez, telsR ij