384 Réflexions critiquescertains animaux, en prenant pour mo-deles les arbres & les animaux de la Grece & de l'Italie, cette idée, dis-je, n'ap-proche pas de ce que la nature produit ence genre-là dans d'autres contrées. Voi-là pourquoi les beaux chevaux antiquesmême celui sur lequel Marc-Aurele estmonté, & a qui Pietre de Cortonneadressoit la parole toutes les fois qu'il pas-soit dans la cour du Capitole, en luidisant par un entousiasme pittoresque :Avances donc : ne ſçais-tu pas que tu es vivant ? n ont pas les proportions aussi élé-gantes, ni le corsage & l'air aussi noblesque les chevaux que les Sculpteurs ontfaits depuis qu'ils ont connus les chevauxdu Nord de l'Angleterre, & que l'espece de ces animaux s'est embellie dans différens pays par le mêlange que les Na-tions industrieuses, ont sçu faire des ra-ces.Les chevaux de Montécavallo, par laproportion vitieuse de différentes partiesde leurs corps, & principalement parleur encolure énorme, font pitié à tousceux qui connoissent les chevaux d'An-gleterre & d'Andalousie. L'inscriptionmise sous ces chevaux, & qui nous assureque l'un eſt l'ouvrage de Phidias, & l'au-tre, l'ouvrage de Praxitéle, est une im-posture.
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