sur la Poësie & sur la Peinture. 300permettent pas à ces organes de se replieraisément, ainsi qu'il faudroit qu'ils sepliassent pour articuler sans peine les syl-labes suivantes. L'on a remarqué depuislongtems que toute prononciation péni-ble pour la bouche de celui qui parle, devient pénible pour l'oreille de celui quil'écoute. Voilà pourquoi nous sommeschoquez machinalement par la pronon-ciation d'un homme qui profere avec pei-ne certains mots d'une langue étrangere,& qui est obligé à forcer souvent ses or-ganes pour en arracher des sons qu'ils nesont point en habitude de former. Notrepremier mouvement que la politesse mê-me a peine à réprimer en beaucoup depays, e$t de rire de lui, & de le contre-faire.Il est clair par les raisons que nousavons exposées, qu'il est bien plus facileaux Ecrivains Latins de faire des allian-ces agréables entre les sons, de placertous les mots d'une phrase auprès d'autresmots qui se plaiſent dans leur voiſinage :En un mot de parvenir à ce que Quinti-lien appelle Inoffensam verborum copulamqu'il n'est possible aux Ecrivains Fran-çois de le faire. Cette phrase Françoisele pere aime son fils, ne sçauroit être écri-te que dans l'ordre où je viens de l'écrire :
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