Reflexions critiques254immobile, mais le ſoldat éperdu doit en-core ſe mettre en poſture de ſe ſervir deses armes, du moins par un mouvementpurement machinal. Un homme de cou-rage, attaqué d'une grande douleur.laisse bien voir sa souffrance peinte surson visage; mais elle n'y doit point pa-roître telle qu'elle se montreroit sur le vi-sage d'une femme. La colere d'un hom-me bilieux n'est pas celle d'un hommemélancolique.On voit au maître-Autel de la petiteEglise de saint Etienne de Genes un ta-bleau de Jules Romain qui représente lemartyre de ce Saint. Le Peintre y ex-prime parfaitement bien la différence quiest entre l'action naturelle des personnesde chaque tempérament, quoiqu'ellesagissent par la même passion ; & l'on sçaitbien que cette sorte d'exécution ne se fai-soit point par des bourreaux payez, maispar le peuple lui-même. Un des Juifs quilapide le Saint, a des cheveux roussâtres,le teint haut en couleur, enfin toutes lesmarques d'un homme bilieux & sanguin,& il paroît transporté de colere. Sa bou-che & ses narrines sont ouvertes extraor-dinairement. Son geste est celui d'un fu-rieux ; & pour lancer sa pierre avec plusd'impétuosité, il ne se soutient que sur
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