Reflexions critiques244autres fautes pareilles à celles que je viensd'exposer ; mais il y en a encore davan-tage dans la Tragédie de Bérénice. M.Racine y fait aggrandir, par Titus, lesEtats de cette Reine. Il est parlé vingtfois des Etats de Bérénice dans la piéce,& cette Princesse n'eut jamais ni Royau-me, ni Principauté. On l'appelloit Rei-ne, ou parce qu'elle avoit épousé desSouverains, ou parce qu'elle étoit fillede Roi : l'usage d'appeller Reine les fillesde Rois, a eu cours dans plusieurs pays,& même en France. (a) Racine supposeque son Antiochus, celui qui fut blessédans un combat des troupes d'Othoncontre celles de Vitellius, & qui avoitmené un secours aux Romains devant Jé-rusalem, fut Roi de Commagene sousl'Empire de Titus, quoique les Histo-riens nous apprennent que le pere de cePrince infortuné, a été le dernier Roide Commagene. Il fut soupçonné sousl'empire de Vespasien, le pere & le pré-décesseur de Titus, d'intelligence avecles Parthes, & il fut obligé de se sauverchez eux avec ses fils, dont l'Antiochusde Racine étoit un, pour éviter de tom-ber entre les mains de Cesennius Pœ-tus qui avoit ordre de les enlever. Poetus(a) L'Oiseau des Ordres, chap. 21. 6. 34.
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten