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Premiere Partie (1746)
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Reflexions critiques143il les connoît, & jamais il ne les excusesi pleinement qu'il n'en estime un peumoins l'ouvrage.Un Poëte ne doit donc pas faire sau-ver la vie à Tomiris par Cyrus, ni fairetuer Brutus par César. Je crois encorequ'il doit à la Fable universellement établie, le même respect qu'à l'Histoire. Ceque la Fable nous débite de ses Héros &de ses Dieux, s'est acquis le droit de pas-ser pour vérité dans les Poëmes, & nousne sommes plus parties capables de con-tredire ses narrations. Un Poëte ne doitaussi rien changer, sans une grande né-cessité, à ce que l'Histoire & la Fablenous apprennent des événemens, desmœurs, des coutumes & des usages despays il place sa scéne.Ce que je dis, ne doit pas s'entendredes faits de peu d'importance, & conséquemment peu connus. Par exemple,ce seroit une pédanterie que de repren-dre Monsieur Racine d'avoir fait dire àNarcisse, dans Britannicus, que Locu-$te, cette fameu$e empoi$onneu$e du temsde Néron, a fait expirer un Eſclave à ſesyeux, pour essayer l'activité du poisonqu'elle avoit préparé pour Britannicus,parce que les Historiens racontent quecette épreuve fut faite sur un porc. Lacirconstance