Réflexions critiques220Cloud, qui tenoit le pied attaché au po-teau funeste. La tête du cloud est mêmechargée des dépouilles hideuses qu'elle aemportées, en déchirant les chairs dupied à travers lequel elle a passé. Ru-bens qui sçavoit si bien en imposer à l'œilpar la magie de son clair obscur, fait pa-roître le corps du Larron sortant du coindu tableau dans cet effort, & ce corpsest encore la chair la plus vraie qu'aitpeint ce grand Coloriste. On voit deprofil la tete du ſupplicié, & ſa bouchedont cette ſituation fait encore mieux re-marquer l'ouverture énorme, ses yeuxdont la prunelle eſt renverſée, & dont onn'apperçoit que le blanc sillonné de vei-nes rougeâtres & tenduës ; enfin l'actionviolente de tous les muscles de son visa-ge, font presque oüir les cris horriblesqu'il jette. On découvre derriere la Croixdes spectateurs qui la font avancer, &qui ſemblent tellement enfoncez dans letableau, qu'à peine ose-t'on croire quetoutes ces figures $oient placées $ur unemême superficie.Depuis Rubens juſqu'à Coypel, le ſu-jet du crucifiment a été traité plusieursfois. Cependant ce dernier Peintre arendu sa composition nouvelle. Son ta-bleau représente le moment où la nature
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