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Premiere Partie (1746)
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Réflexions critiques193fessions bien plus sérieuses que la Peinture. Rien ne fait dire, rien ne fait faireautant de sottises, que le desir de mon-trer de l'esprit.Pour nous renfermer dans les limitesde la Peinture, j'ose avancer que rien naplus souvent écarté les bons Peintres duvéritable but de leur art, & ne leur a faitfaire plus de choses hors de propos, quele deſir de ſe faire applaudir ſur la ſubti-lité de leur imagination, c'est-à-dire, surleur esprit. Au lieu de s'attacher à l'imi-tation des passions, ils se sont plûs à don-ner l'essort à une imagination capricieu-se, & à forger des chimeres dont l'allé-gorie mystérieuse est une énigme plus obscure que ne le furent jamais celles duSphinx. Au lieu de nous parler la languedes passions qui est commune à tous leshommes, ils ont parlé un langage qu'ilsavoient inventé eux-mêmes, & dont lesexpressions proportionnées à la vivacitéde leur imagination, ne sont point à laportée du reste des hommes. Ainsi tousles personnages d'un tableau allégoriquesont souvent muets pour les spectateursdont l'imagination n'est point du mêmeétage que celle du Peintre. Ce sens mys-térieux est placé si haut que personne n'ysçauroit atteindre. Je l'ai dit déja les