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Premiere Partie (1746)
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178
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Réflexions critiques178Quand bien même il seroit vrai quenos mœurs, nos combats, nos fêtes, noscérémonies & notre Religion ne fourni-roient point aux Poëtes une matiere aussiheureuse que celle que fournissoit à Vir-gile le sujet qu'il a traité, il ne seroit pasmoins nécessaire d'emprunter de notreHistoire les sujets des poëmes Epiques. Ceseroit un inconvénient, mais il en épar-gneroit un plus grand, le défaut d'inté-rêt particulier. Mais la chose n'est pasainsi. La pompe d'un carousel & les évé-nemens d'un tournois, sont des sujetsplus magnifiques par eux-mêmes que lesjeux qui $e firent au tombeau d'Anchi$e& dont Virgile ſçait faire un ſpectacle ſisuperbe ? Quelles peintures ce Poëten'auroit-il pas faites des effets de la pou-dre à canon dans les différentes opéra-tions de guerre dont elle est le ressort.Les miracles de notre Religion ont unmerveilleux qui n'est pas dans les fablesdu Paganisme. Qu'on voie avec quel suc-cès Corneille les a traitez dans Polieucte& Racine dans Athalie. Si l'on reprendSannazar, l'Arioste & d'autres Poetes,d'avoir mêlé mal-à-propos la Religionchrétienne dans leurs poemes, c'est qu'ilsn'en ont point parlé avec la dignité & ladécence qu'elle exige ; c'est qu'ils ont allié