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sur la Poësie & sur la Peinture 153de nos amis qui ont vécu avec eux, quenous ne connoissons ceux des Grecs & desRomains sur le récit d'Auteurs morts, &à qui l'on ne sçauroit demander des expli-cations, quand ils sont obscurs ou tropsuccincts. Un Poete tragique ne ſçauroitdonc violer la notion générale que lemonde a $ur les mœurs & $ur les coutu-mes des Nations étrangeres, $ans préju-dicier à la vraisemblance de sa piéce.Cependant les regles de notre théâtre &les usages de notre scene tragique, quiveulent que les femmes ayent toujoursbeaucoup de part dans l'intrigue, & quel'amour y soit traité suivant nos manie-res, empêchent que nous ne puissionsnous conformer aux mœurs & aux coutu-mes des Nations étrangeres. Il est vraique les défauts qui résultent de cet em-barras ne sont remarquez que par un pe-tit nombre de personnes assez instruitespour les connoître ; mais il arrive que,pour faire valoir leur érudition, elles exa-gerent $ouvent l'importance des défauts,& il ne se trouve que trop de gens quise plaisent à répéter leur critique. Je n'a-jouterai plus qu'un mot à cette observa-tion : c'est qu'a l'exception de Bajazet &du Comte d'Essex, toutes les Tragédiesécrites depuis quatre vingt ans, dont leG