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Premiere Partie (1746)
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Reflexions critiques48rile dans la société. Comme il est aussipropre par sa nature à peindre les ac-tions qui peuvent porter les hommesaux pensées vertueuses, que les actionsqui peuvent fortifier les inclinationscorrompuës : il ne s'agit que d'en faireun bon usage. La peinture des actionsvertueuses échauffe notre ame ; elle l'é-leve en quelque façon au-dessus d'elle-même, & elle excite en nous des pas-sions loüables, telles que sont l'amou-de la patrie & de la gloite. L'habitudede ces passions nous rend capables debien des efforts de vertu & de courage,que la raison seule ne pourroit pas nousfaire tenter. En effet le bien de la sociétéexige souvent des services si difficiles,qu'il est bon que les passions viennentau secours du devoir pour engager uncitoyen à les rendre. Enfin un bonPoëte ſçait diſpoſer de maniere les peintures qu'il fait des vices & des passionsque ses Lecteurs en aiment davantagela ſageſſe & la vertu. En voilà ſuffiſamment à ce sujet, d'autant plus que lesPoësies Françoises, comme nous le di-rons dans la suite, ne sçauroient pren-dre le même empire $ur les hommes quecelle dont Platon craignoit si fort lesessets. D'ailleurs notre naturel n'est pasaussi