Reflexions critiques38nal un tableau, où le crime dont ilspoursuivoient la vergeance, étoit repré-senté, afin d'exciter encore plus effica-cement l'indignation des Juges contre lecoupable. On appelloit la Peinture ausecours de l'art Oratoire en un tems oùcet Art étoit dans sa perfection. Et ipsealiquando vidi depiclam tabulam supra Jo-vem, in imaginem rei cujus atrocitate judexerat commovendus. (aQuand on fait attention à la ſenſibi-lité naturelle du cœur humain, à sa dis-position pour être ému facilement parrous les objets dont les Peintres & lesPoëtes font des imitations ; on n'est passurpris que les vers & les tableaux mê-mes puissent l'agiter. La nature a voulumettre en lui cette sensibilité si promp-te & ſi ſoudaine, comme le premier fondement de la société. L'amour de soi-même qui se change presque toujoursen amour propre immodéré, à mesureque les hommes avancent en âge, lesrend trop attachez à leurs intérêts pré-sens & à venir, & trop durs envers lesautres, lorsqu'ils prennent leur résolu-tion de sens rassis. Il était à propos queles hommes pussent être tirez de cet étatfacilement. La nature a donc pris le(a) Instit. lib. 6. c. 2.
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