sur la Poesie & sur la Peinture. 559profession l'auroit obligé à faire sa prin-cipale étude de ces sciences, n'admirepoint l'étenduë des connoissances des an-ciens, que je suis peu surpris de voirl'homme qui a formé son idée du méritedes anciens, sur leurs ouvrages d'histoi-re, d'éloquence & de poësie, rempli devénération pour eux. Les anciens igno-roient dans les sciences que j'ai citées,bien des choses que nous sçavons ; & parla démangeaison naturelle aux hommesde porter leurs décisions plus loin queleurs lumieres distinctes, ces anciens sonttombez, comme je l'ai déja dit, en uneinfinité d'erreurs.Ainsi l'Astronome d'aujourd'hui sçaitmieux que Ptolomée tout ce que sçavoitPtolomée, & il sçait encore toutes lesdécouvertes qui se sont faites depuis lesAntonins, soit à l'aide des voyages, soità l'aide des lunettes de longue vûë.Ptolomée, s'il revenoit au monde, seferoit Eleve à l'Observatoire. Il en estde même des Anatomistes, des Navi-gateurs, des Botanistes, & de tous ceuxqui professent des sciences, dont le mérite consiste plus à sçavoir qu'à inventer.à connoître qu'à produire. Mais il estd'autres professions où les derniers venusn'ont pas le même avantage sur leursAa iiij
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