Reflexions critiques556ceux de ſes compatriotes. Virgile & Lu-cain ont pris leurs ſujets dans l'histoireRomaine. Qu'on ose donc chanter leschoses que nous avons sous les yeux,comme sont nos combats, nos fêtes &nos cérémonies. Qu'on nous donne desdeſcriptions poëtiques des bâtimens, desfleuves & des pays que nous voyons tousles jours, & dont nous puissions confron-ter, pour ainſi dire, l'original avec l'imi-tation. Avec quelle noblesse & quel pa-thétique Virgile auroit-il traité une ap-parition de S. Louis à Henri IV. la veil-le de la bataille d'Yvri, quand ce Prin-ce, l'honneur des descendans de notreSaint Roi, faisoit encore profession dela confession de foi de Genêve ? Avecquelle élégance Virgile auroit-il dépeintles vertus en robes de fêtes, qui condui-tes par la Clémence, ſeroient venuës ou-vrir à ce bon Roi les portes de sa villede Paris ? L'intérêt que tout le mondeprendroit à ce sujet par différens motifs,seroit un garant assuré de l'attention dupublic ſur l'ouvrage. Mais les raiſons quenous avons exposées dans ces Réflexions,& l'expérience du passé, montrent suf-fisamment que la possibilité de faire unpoëme épique François meilleur que l'E-néïde, n'est qu'une possibilité métaphy-
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