sur la Poësie & sur la Peinture. 495pas en décidant des choses dont onpeut juger par sentiment, mais il n'estpas encore possible que les autres noussassent égarer dans ces matieres. Le sen-timent se souleve contre celui qui vou-droit nous faire croire qu'un poëmeque nous avons trouvé insipide, nousauroit intéressé ; mais le sentiment nedit mot, pour user de cette expression,contre celui qui nous donne un mau-vais raisonnement de Métaphysique pourbon. Ce n'est que par effort d'esprit &par des réflexions dont les uns sont in-capables par défaut de lumieres, & lesautres par paresse, que nous en pou-vons connoitre la fausseté, & en demê-ler l'erreur. Nous sçavons sans méditer,nous sentons le contraire de tout ce quenous dit celui qui veut nous persuaderqu'un ouvrage qui nous plait infini-ment, choque toutes les regles établiespour rendre un ouvrage capable de plai-re. Si nous ne sommes point assez in-struits pour répondre à ses raisonne-mens, du moins une répugnance in-térieure nous empêche d'y ajouter au-cune fol. Les hommes naissent con-vaincus que tout argument qui tend àleur persuader par voie de raisonne-ment, le contraire de ce qu'ils sentent
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