Reflexions critiques56tient ces Etats par un travail qu'il nesçauroit plus continuer, dès qu'il est réduit dans l'indigence. Que les particuliers se gouvernent, comme s'ils devoient avoir leurs ennemis pour héritiers, & que la génération présente seconduise, comme si elle devoit être ledernier rejetton du genre humain ; celan'empêche pas que nous ne raisonnionsmieux dans les sciences, que n'ont faittous les hommes qui nous ont précédé.Ils nous auront surpassé, si l'on peut seservir de cette expression, en raison pra-tique, mais nous les surpassons en raisonspéculative. Qu'on juge de la supérioritéd'esprit & de raison que nous avons surles hommes des tems passez, par l'étatoù sont aujourd'hui les sciences naturel-les, & par l'état où elles étoient de leurtems.Il est vrai, répondrai-je, que lessciences naturelles, dont on ne sçauroitfaire un trop grand cas, & dont on nesçauroit trop honorer les dépositaires,sont plus parfaites aujourd'hui qu'elles nel'étoient du tems d'Auguste & du temsde Leon X. mais cela ne vient point dece que nous ayons plus de justesse dansl'esprit, ni que nous sçachions mieuxraisonner que les hommes qui vivoientalors,
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