Réflexions critiques430té. Un augure favorable pour un de cesouvrages, c'est que sa réputation croissed'année en année. C'est ce qui arrivetoujours, quand son Artisan n'a pointde successeur, & encore plus, lorsqu'ilest mort depuis longtems sans avoir étéremplacé. Rien ne montre mieux qu'iln'étoit pas un homme du commun dansla carriere qu'il a couruë, que l'inutilitédes efforts de ceux qui o$ent entrepren-dre de l'atteindre. Ainſi les ſoixante ansqui se sont écoulez depuis la mort deMolière, sans que personne l'ait rempla-cé, donnent un lustre à sa réputation,qu'elle ne pouvoit pas avoir un an aprèsſa mort. Le public n'a point mis dans laclasse de Moliere les meilleurs des Poë-tes comiques qui ont travaillé depuis samort. Il n'a point fait cet honneur à Re-nard, à Boursault, ni aux deux Auteursdu Grondeur, (a) non plus qu'à quel-ques Poëtes Comédiens, dont les piècesl'ont diverti, quand elles ont été bienreprésentées. Ceux mêmes de nos Poë-tes qui sont Gascons, ne s'égalerent ja-mais sérieurement à Moliere. On n'apas mis au-dessus de lui l'Auteur duPhilosophe marié. Chaque année qui sepassera sans donner un successeur au Té-(a) L'Abbé de Bruïeis & Palaprat.
(n)ECTIO
ms, eſt.