420 Réflexions critiqueschez les anciens. Ainſi les gens du mé-tier peuvent mieux favoriser, ils peuventmieux rabaisser tous ces poëmes, qui nese produisent que par la voie de l'impres-sion. Ils peuvent en faite valoir les beauxendroits, en excuser les mauvais, com-me ils peuvent aussi exténuer le méritedes plus beaux, soit en disant qu'ils sontpillez, soit en les mettant en paralelleavec les vers d'un autre Poëte qui auratraité un sujet semblable. Ainsi le public,lorsqu'il a été induit en erreur sur la dé-finition générale d'un de ces poemes, nesçauroit plus être désabusé en un jour. Ilfaut du tems aux personnes désintéressépour se reconnoître & pour s'affermir ré-ciproquement dans leur ſentiment parl'autorité du grand nombre. La meilleu-re preuve qu'on puisse avoir de l'excel-lence d'un poëme, quand il commence àparoître, c'est donc qu'il se fasse lire, &que tous ceux qui l'ont lû, en parlentavec affection, quand bien même ce se-roit pour lui reprocher des fautes.Je crois que le tems où le poëmenouveau, qui est un bon ouvrage, setrouve défini en général, suivant qu'ilmérite de l'être, arrive aujourd'hui, en-viron deux ans après sa premiere édi-tion. Quand il est mauvais, le public
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