Reflexions critiques396nez ailleurs à un travail qui n'a guéresplus de relâche que le travail des Danaï-des. Cette inaction, l'occasion conti-nuelle de voir de beaux tableaux, &peut-être aussi la sensibilité des organesplus grande dans ces contrées-là que dansdes pays froids & humides, rendent legoût pour la peinture si général à Ro-me, qu'il est ordinaire d'y voir des ta-bleaux de prix jusques dans des bouti-ques de Barbiers, & ces Messieurs enexpliquent avec emphase les beautez àtous venans, pour satisfaire à la nécessi-té d'entretenir le monde, que leur pro-fession leur imposoit dès le tems d'Ho-race. Enfin dans une nation industrieu-se, & capable de prendre toute sorte depeine pour gagner sa vie, sans être assu-jettie a un travail réglé, il s'est forméun peuple entier de gens qui cherchentà faire quelque profit par le moyen ducommerce des tableaux.Ainsi le public de Rome est presquecomposé en entier de Connoisseurs enpeinture. Ils sont, si l'on veut, la plû-part des Connoisseurs médiocres, maisdu moins ils ont un goût de comparai-son qui empêche les gens du métier deleur en imposer aussi facilement qu'ilspeuvent en imposer ailleurs. Si le pu-
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