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Seconde Partie (1746)
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380
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380 Réflexions critiquesmieux le répéter, que de redire le sen-timent de gens qui n'ont pas mis l'en-seigne de la profession à laquelle l'ou-vrage ressortit. En ces sortes de choses les hommes ne croyent point avoirun intérêt essentiel à choisir le bon par-ti, ils se laissent éblouir par une raisonqui peut beaucoup sur eux. C'est que lesgens du métier doivent avoir plus d'ex-périence que les autres. Je dis ébloüir;car, comme je l'ai exposé, la plûpart desPeintres & des Poëtes ne jugent pointpar voie de sentiment, ni en déférantau goût naturel perfectionné par lescomparaiſons & par l'expérience, maispar voie d'analyse. Ils ne jugent pas enhommes doüez de ce sixiéme sens dontnous avons parlé, mais en Philosophesspéculatifs. La vanité contribuë encoreà nous faire épouser l'avis des gens dumétier, préférablement à l'avis deshommes de goût & de sentiment. Sui-vre l'avis d'un homme qui n'a pas d'au-tre expérience que nous, & qui n'a rienappris que nous ne sçachions nous mê-mes, c'est reconnoître en quelque fa-çon qu'il a plus d'esprit que nous. C'estrendre une espece d'hommage à sondiscernement naturel. Mais croire l'Ar-tisan, déférer à l'avis d'un homme qui a