sur la Poësie & sur la Peinture. 337public ne fait pas le procès en un jouraux ouvrages qui réellement ont du mé-rite. Avant que d'être jugez, ils de-meurent un tems, pour ainsi dire, surle bureau. Or dès que le mérite d'unouvrage attire l'attention du public.ces beautéz que le public ne sçauroitcomprendre sans quelqu'un qui les luiexplique, ne lui échappent pas. L'ex-plication des vers qui les renferment.passe de bouche en bouche, & descendjusqu'au plus bas étage du public. Il entient compte à l'Auteur, quand il défi-nit son ouvrage en général. Les hom-mes ont du moins autant d'envie de di-re ce qu'ils sçavent, que d'apprendre cequ'ils ne sçavent pas. D'ailleurs je nepense point que le public jugeât mald'un ouvrage en général, quand bienmême quelques-unes de ces beautéz luiseroient échappées. Ce n'est point sur depareilles beautez qu'un Auteur sensé quicompose en langue vulgaire, fonde lesucces de son poëme. Les Tragédies deCorneille & de Racine ne contiennentpas chacune quatre traits pareils à celuide Mithridate que nous avons cité. Siune pièce tombe, on peut dire qu'elleseroit tombée de même, quand le pu-blic entier auroit eu l'intelligence deTome II.
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