152 Réflexions tritiqueschamp qu'on laisse en friche auprès d'u-ne forêt, se seme de lui-même, & de-vient bientôt un taillis, quand son ter-roir est propre à porter des arbres.Depuis deux siécles que les Angloisaiment la Peinture autant qu'aucune au-tre nation, ſi l'on en excepte l'Italien-ne, il ne s'est point établi de Peintreétranger en Angleterre, qui n'ait gagnétrois fois plus qu'il n'auroit pû gagnerailleurs. On sçait le cas qu'Henri VIII.faisoit des tableaux, & avec quelle ma-gnificence il récompen$oit Holbeins. Lamunificence de la Reine Elisabeth se ré-pandit ſur toutes ſortes de vertus durantun regne de près de cinquante années.Charles I. qui vécut dans une grandeabondance les quinze premieres annéesde son regne, porta l'amour de la Pein-ture jusqu'à une passion qui avoit tousles caracteres des plus vives. Sa jalousiefit monter les tableaux au prix où ilssont aujourd'hui. Comme il en faisoitacheter partout avec profusion dans lemême tems que Philippe IV. Roi d'Es-pagne en faisoit acheter partout avecprodigalité, la concurrence de ces deuxSouverains fit tripler dans toute l'Euro-pe le prix des ouvrages des grands Maî-tres. Les trésors de l'art devinrent des
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