65.
fontes B.rre q
sur la Poësie & sur la Peinture.vûës encore. On y voit des pensées nou-velles. On y remarque à travers biendes défauts, un esprit qui veut attein-dre à de grandes beautez, & qui, pourparvenir, fait des choses que son maî-tre n'a point été capable de lui ensei-gner. Si ces jeunes gens sont Poëtes, ilsinventent de nouveaux caracteres, ilsdisent ce qu'on n'a jamais lû, & leursvers sont remplis de tours & d'expres-sions qu'on n'a point vûës ailleurs. Parexemple, les versificateurs sans génie quicomposent des Opera, ne sçavent au-tre chose que de retourner ces phrases& ces expressions si souvent rebattuës.que Lulli rechauffoit des sons de sa musi-que, pour parler avec Despreaux. Com-me Quinault étoit l'auteur & l'inven-teur de ce style propre aux Opera,ce style montre que Quinault avoitun génie particulier ; mais ceux qui nepeuvent faire autre chose que de les ré-péter, en manquent. Au contraire unPoëte capable par son génie de donnerl'être à de nouvelles idées, est capableen même tems de produire des figuresnouvelles, & de créer des tours nou-veaux pour les exprimer. Il est bien ra-re qu'il nous faille emprunter d'autruides expressions pour rendre ce que nousC iiij