sur la Poësie & sur la Peinture.lant, cette divinité que les Poëtes disentêtre dans leur ſein pour les animer.Est Deus in nobis, agitante calescimus illo,Impetus hic sacrae semina mentis habet. (a)Voilà en quoi consiste cette fureurdivine, dont les anciens ont tant parlé,& sur laquelle un moderne (b) composaun sçavant Traité, il y a cinquante-cinqans. C'est ce qui fait dire à Montagne:(c) Les saillies poëtiques, qui emportentleur Auteur, & le ravissent hors de soipourquoi ne les attribuerions-nous à son bon-heur, puisqu'il confesse lui-même qu'ellesſurpaſſent ſes forces, & les reconnoît venird'ailleurs que de ſoi, & ne les avoir aucunement en sa puissance. Il en est de mêmede la peinture, où il échappe par fois destraits de la main du Peintre, ſurpaſſans ſaconception & sa science qui le tire lui-mê-me en admiration, & qui l'étonne.Ce bonheur est celui d'être né avecdu génie. Le génie est ce feu qui éleveles Peintres au-dessus d'eux-mêmes, quileur fait mettre de l'ame dans leursfigures, & du mouvement dans leurscompositions. C'est l'enthousiasme qui(4) Ovid. Fast. lib. 1.(b) Petitus, de furore fort.(c) Essais, liv. 1. chap. 23.
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