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Celui qui entreprend le voyage du Rhin pourjouir du spectacle des beautes pittoresques que lanature a semees sur ses rives d 1 une main si libe-rale , doit voyager ä petites journees et ne pointvouloir tout voir ä la fois: on evitera, par cemoyen, de tomber dans la laute qu'ont falte Mei-nert et Bertola. La seconde chose ä observer estde ne consacrer quo les heures du matin et du soir'au plaisir de voyager sur le Pdiin: car, lorsque lesoleil a atteint le milieu de sa course, la lumierequi colore les objets est trop forte; il n'y a pointde demi-teintes, point de masses de lumiere, pointd'ombre, point dliarmonie.
Mais quel charme inexprimable offrent ces me-ines objets, lorsqu'un voile diaphane de nuageslegers les couvre , ou lorsque le crepuscule du soirles rougit. L'imagination, soit dans la poe'sie, soitdans la nature, est ennemie de tout ce qui est tropuniforme et trop symmetrique. N'est-ce pas pourcette raison que ces lointains delicieux qu'on necesse d'admirer dans les paysages d'un Claude Lor-