i4 --------------
de sa carriere. Cest ici que la nature deploie auxregards du voyageur une scene des plus imposantes.II se croit isole du reste de Tunivers. Mais bien-töt le fleuve formant un coude, se trace une routenouvelle , la suit avec la proinptitude de feclair etbondit indigne sur les masses de rochers qui voisi-nes les unes des autres forment une espöce dechaine. Cest de lä que cette partie du fleuve arecu le nom de Banc. Cet ecueil est plus dange-reux que le trou de Bingen. Les pilotes ont besoinde toute leur adresse, (surtout quand Teau est bas-se), pour eviter d'echouer a ce passage.
Des qu'un de ces radeaux, connus sous le nomde flottes, s'approche du banc, les bateliers portentun gros tronc d'arbre et quelques autres pieces debois de moindre grosseur ä la proue , pour prendrepar ce inoyen le courant du fleuve, ou pour pre-venir, ce qui est le pis, le clioc contre fautre rive.La plus grosse piece de bois se nomine le Ciilen,et on la pousse dans le gouffre pour donner auradeau une direction opposee: les moindres piecesservent a diminuer Felfet de la secousse, dans lasupposition que le choc dut avoir lieu ä fautrebord. Ce passage du banc est un spectacle aussiimposant que terrible.
Que Ton se figure un radeau , dont la longueurest au moins de inille pieds, sur une largeur de