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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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206
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US DEUIL DES PRIMEVÈRES

20G

Dans les ormeaux épaix chanteront les mésangessur lattendrissement naïf des cœurs en fête.

Je serai un humble artisan, et pas poète.

Je creuserai le bois rose et parfumé du hêtre,et ma femme coudra, bien douce à la fenêtre,dans le retombement dazur des liserons les guêpes, en feu volant, bourdonneront.

Jai assez de la vie compliquée et savante.

Ma vie, ô Dieu, pour vous se fera desservante,et mes jours passeront de mon rabot joyeuxaux cloches du Dimanche fleuries dans les cieux.

Je dirai aux enfants : donnez de leau au merle,puis nous le lâcherons quand il saura voler,afin quil vive heureux parmi les vertes perlesque londée, en riant, pose aux bleus coudriers.

Je dirai aux enfants : cest la nouvelle année;ce soir, il faut écrire aux grandmères tremblantesqui courberont leur front dur, luisant et ridé,en lisant ces beaux mots de leurs petits-enfants.Ma vie sera sans bruit, ma mort sera sans gloire.Mon cercueil sera simple, avec des villageoiset les enfants en blanc de lécole primaire.

Mon nom seul, ô mon Dieu, sur la modeste pierre,