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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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142
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LE DEUIL DES PRIMEVERES

l 42

Cest horrible de voir ton œil brillant souvrirde peur et se méfier... Tu ne vas pas mourir...

Tu voleras encore sur les composées bleues ;ton vol effleurera tes sœurs, les campanules.

Dans la brumeuse nuit tu reverras les feuxdes pâtres agrandis près des buissons de houx,qui appellent dans la nuit et qui chassent les loups.... Petit, console-toi, tu ne vas pas mourir...

loiseau

Mourir est-il mauvais, si ce nest pas souffrir?Pourquoi ne veux-tu pas, mon ami, que je meure ?Ne vois-tu pas tranquillement mourir les fleurs?Vivre dans la montagne ou vivre dans la mort,n'est-ce la même chose et le même pays ?

Lorsque dans un ruisseau, pris dans un tourbillon,mon cadavre sera comme une feuille morte :

Ne continuera-t-il de fleurir le cytise ?

Ne continuera-t-il de sauter le criquet ?

Ne continuera-t-il de fructifier lalise ?

Ne continuera-t-il de pleurer le rocher ?

Ne continuera-t-il de chanter ma femelle