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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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LE DEUIL DES PRIMEVÈRES

Un millet blanc, choisi par mille vierges nues,parfumé par leurs seins et leurs jeunes haleineseût été le repas qui t’eût été bien dû.

A mon Conseil royal, je t’eusse convié

sous des fleurs de pécher qui t’auraient protégé

du soleil trop ardent de ces Contrées lointaines.

l’oiseau

Laisse-moi ma montagne. Elle n’est pas la Perse,et je n’ai pas besoin de vierges nues persanespour cueillir mon millet.

Mes panetiers, ce sont les jolis petits ânesqui, du bout du sabot, en buttant sur les pierres,découvrent les petits vers.

Et s’il faut dire tout, je te trouve un peu bête,comme le sont, d’ailleurs, presque tous les poètesqui sont les inventeurs de ce qu’on a trouvé.

Ils parlent du parfum bleuâtre des lavandes

sans songer qu’un lapin, la queue en l’air, le mange,

et le connaît bien mieux que s’il nous en parlait.