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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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131
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LE POÈTE ET L’OISEAU

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Je la reconnais bien puisqu’elle reconnaîtla chanson qu’au Printemps je me mets à siffler.

LE POÈTE

Ne peut-elle confondre ? Oiseaux, n’avez-vous pas,si vous êtes pareils, aussi la même voix ?

l’oiseau

Je ne comprends pas bien ce que tu veux me dire.le roÈTE

Ne peut-elle accourir au chant de tes pareils,ne peux-tu accourir au chant de ses pareilles ?

l’oiseau

Je n’ai jamais pensé que nous ne fussions seuls.

L’une est pareille à l’autre. C’est donc toujours la même,lorsque vient le Printemps, la môme que l’on aimedans le parfum sucré et tiède des tilleuls.

LE POÈTE

Celle de l’an passé ne peut-elle être morte?

N'a-t-elle pu tomber avec les vents d’Automne?

o