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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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106
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LE DEUIL DES PRIMEVÈRES

écrasera sa lèvre à un nouvel aimé.

Mon cœur se tord et meurt. Dis, se sont-ils levés?Ont-ils ri ce matin? Reviendront-ils ce soir,sans penser qu'à travers la nuit et le soleil,je n’avais pour pleurer que ta douceur de vieille ?

LA PETITE VIEILLE

Aie donc confiance. Avant ce soir tu auras vu

celle qui te guérira, celle qui est nue

dans l’oinbre ensoleillée de la hutte feuillue.

Devant elle ton cœur oubliera ce passé,par qui tu es pleurant et par qui harassé.

Tu ne songeras plus à celle dont les jambest’enlaçaient comme un lierre en meurtrissant ton âme,

LE POÈTE

Je ne puis oublier ses caresses si franches.

LA PETITE VIEILLE

La feuille verte oublie la feuille jaunissante.L’abricotier oublie la neige du Printemps.

Tu sentiras se fondre à l’émail de les dentsle fruit d’amour nouveau de ta jeunesse ardente.